Pourquoi poste t on des photos sur les réseaux 130x130

 

Selfies, assiettes au restaurant, paysages de vacances… Pourquoi certaines personnes, jeunes ou pas, ne résistent-elles pas au plaisir de poster tout ce qu’elles font sur les réseaux sociaux ? Faut-il y voir une forme d’addiction ? Eléments de réponse avec Lisa, 19 ans, étudiante en arts plastiques, présente sur Instagram, Snapchat et WhatsApp.

 

 

Par Alexandre Vanvakas, Ambassadeur des Médias et de l'Information (AMI) en service civique dans les médiathèques

Le 24 avril 2020

 

Alexandre : Qu'est-ce que cela apporte quand on publie une photo ou une story?

Lisa : A titre personnel, ça m'apporte de l'amour virtuel, et la sensation de ne pas être seule.

A. : Qu'est-ce qui compte, selon vous, pour faire de bonnes photos?

L. : Les influences, mais jusqu’à un certain point. Il faut qu'il y ait une touche originale. Si votre entourage connaît vos goûts et voit que vos photos sont trop inspirées de celles des autres, il va sûrement vous critiquer.

A. : Est-ce que cette forme d’addiction aux likes et aux vues peut venir combler un manque d'affection?

L. : Oui, mais de manière artificielle. Sur Instagram, le like se fait sous forme de cœur. Les gens qui vous likent ne remplacent pas votre vrai cœur. Il ne faut pas tenter de substituer l’affection virtuelle à l’affection réelle.

A. : Faites-vous attention à ces détails?

L. : Oui bien sûr, j'aime bien savoir qui regarde mes stories ! Souvent, il y a plus de gens qui les regardent qu’il  n’y en a qui likent mes photos.

A. : Comment expliquez-vous ça?

L. : Eh bien, les stories sont comme des photos sur le fil d'actualité, finalement. On peut passer devant sans liker. Ce n'est pas parce qu’une personne regarde votre story qu'elle vous envoie un message en le faisant.

A. : Du coup, est-ce que ça peut amener à créer une image virtuelle qui n'est pas la vraie dans la réalité?

L. : Oui, ça façonne une image, un masque pour se cacher de la réalité, et une forme d'évasion. Quand on a des problèmes dans notre quotidien, ça aide, oui.

A. : Qu'est-ce que ça comble?

L.: Ça peut être un manque d'attention de la part des parents, d'affection, de reconnaissance, un besoin d'exister, de se sentir l’égal de ses amis, de ses camarades.

Facebook, théâtre du conflit des générations

Sur les réseaux, on peut trouver de tout : de l’art, de la mode, de la cuisine, de l’information, et… ses parents, ou ses grands-parents. Selon un sondage Pew Research réalisé en 2018, l’arrivée massive, et tardive, de personnes âgées de 40, 60 ou même 80 ans sur Facebook a conduit les jeunes américains à déserter cette plateforme, qu’ils jugent désormais has-been. Une tendance qui se retrouve dans le monde entier. Invité de l’émission « On est fait pour s’entendre », sur RTL, en novembre 2017, le psychologue, cofondateur de l'Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines, et auteur de "Hyper-connexion" Michaël Stora ironisait en ces termes sur la présence des seniors sur Facebook : « Ils postent un maximum, sans prendre conscience de ce que ça implique ». Avant de poursuivre : « On est dans une société très adolescente, les réseaux sociaux en sont une caisse de résonnance, et on voit que certaines personnes continuent à tout prix à vouloir être « djeun’s », éternellement ». En 2019, et selon une étude de l’institut économique Statista, les jeunes étaient pourtant toujours plus nombreux que leurs aînés sur Facebook, puisque 65% des usagers de ce réseau avaient moins de 35 ans.

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